Le Moteur de la Série

Le Triangle

Trois anciens amis de l'académie. Trois visions du monde qui se sont radicalisées au point où ils sont en train de perdre leur humanité à l'autel de leurs idéaux.

Au moment où on entre dans la série, il existe encore une porte entrebâillée par laquelle une bonne argumentation peut se glisser. Mais très bientôt, cette brèche se fermera à jamais. Le moteur émotionnel de la série, c'est ce « ah mais en fait c'est pas faux » permanent.

CLAIRE ARTOS
La Tête — Le Système

Chancelière de la Compagnie du Grand Bleu, qu'elle a intellectuellement fondée : sa thèse de fin d'académie est devenue le manifesto de l'institution. La CGB, c'est son idée, son bébé.

Elle croit profondément que sans règles, le pouvoir corrompt. Elle a raison sur le principe. Mais elle est dévorée par sa propre création : elle ne décide plus, elle applique. Elle ne se rend pas compte qu'elle change. C'est Loïc qui voit disparaître la femme qu'il a admirée.

Sa dystopie : un monde gris où tout le monde est protégé, nourri, encadré. Personne ne souffre. Personne ne vit vraiment.

Elle pense à demain
LOÏC LE LOUARN
Le Cœur — L'Humain

Capitaine corsaire du St Malo. Il incarne un troisième chemin que personne n'a encore nommé. Pas une idéologie. Juste de l'humanité. Il prend les gens comme ils sont et fait de son mieux pour y trouver de la beauté.

Ami sincère et fidèle, il ne peut pas complètement haïr Claire ni Silas : il les a aimés. Il se bat contre eux en sachant qu'ils ont quelque part raison, tout en sachant qu'il ne peut pas les laisser faire. Il est le seul à les connaître de l'intérieur.

Son combat : que le monde reste vivant, imparfait, chaotique, beau.

Il pense à maintenant, à la personne en face de lui
SILAS
La Volonté — La Vision

Fondateur d'Ascend. Convaincu que le seul moyen d'aller de l'avant est de se mélanger à la machine, de s'élever, de devenir les dieux que les générations futures méritent de devenir.

Il n'est pas fou. Il a raison sur le diagnostic : l'humanité stagne, la Terre est en train de mourir. Mais il est prêt à brûler la chrysalide pour accélérer la transformation. Il n'a pas d'égo, juste une vision froide, claire, coupante comme une lame. Il place les pièces. Il attend.

Sa dystopie : quelques élus transcendés qui partent vers les étoiles. Derrière eux, une planète en ruines.

Il pense à dans 2000 ans
L'affiche du Triangle fondateur

Le Triangle fondateur, affiche de production

Avant

L'Académie

C'est à l'académie que tout a commencé. Claire, plus âgée, brillante, déjà une figure, que Loïc trouvait fascinante. Silas, même promotion, intellectuellement au-dessus de tout le monde, un peu trop cérébral, avec qui Loïc partageait sa chambre et des nuits blanches de débats philosophiques jusqu'à l'aube.

Silas a rempli pour Loïc le rôle du frère qu'il n'avait jamais eu. C'est Loïc qui lui a présenté la femme dont il est tombé amoureux, une chercheuse en IA. Ce geste dit tout sur la nature de leur amitié.

Puis la maladie a emporté l'esprit de cette femme. Silas n'a pas supporté de voir l'intelligence qu'il aimait se désintégrer. Il n'est pas devenu monstre par ambition ou par folie. Il est devenu monstre par douleur.

Le Conflit Central

À quelle vitesse a-t-on le droit de changer le monde ?

Et qui décide du prix à payer ? Les trois ont raison, chacun sur son échelle de temps.

  • Claire : la mort par l'ordre. Un monde propre, stable, et vide.
  • Silas : la mort par le chaos. Quelques élus vers les étoiles, les autres sacrifiés.
  • Loïc : se bat pour que le monde reste vivant, imparfait, chaotique, beau.

Le spectateur ne peut jamais se poser confortablement dans un camp. Tous les trois ont de très bons arguments. Tous les trois ont raison sur quelque chose.

« Claire et Silas se comprennent intellectuellement. Mais Loïc les a vécus. »
Le Triangle narratif
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